Naissance d’un Empire

Fondée en 1998 par deux étudiants en informatique, Argos possède aujourd’hui un empire dont les ramifications s’étendent bien au-delà de la sphère virtuelle. Au départ, la startup Argos n’était pourtant qu’un moteur de recherche, lancé pour proposer une alternative à Atlavista, leader de l’époque. Le succès est rapidement au rendez-vous : l’année de son lancement, la version bêta d’Argos enregistre près de 10 000 requêtes par jour, chiffre qui s’établit à 500 000 un an plus tard, puis enfin à 3 000 000 lorsque Argos finit sa période de test. Rapidement disponible dans plusieurs langues, le moteur de recherche d’Argos prend de l’ampleur : il devient, deux ans après sa création, le premier moteur à atteindre le milliard de recherches. Gagnant sans cesse de nouveaux marchés, Argos représente désormais plus de 100 millions de requêtes journalières.

Diversification

Peu à peu, Argos commence à évoluer, et s’ouvre à de nouvelles fonctionnalités : réseau social, messagerie électronique, cartographie, recherche de données scientifiques, traducteur en ligne… la liste est longue, et ne cesse de s’allonger : Argos se développe dorénavant dans des domaines qui n’ont plus grand-chose à voir avec la simple recherche d’informations sur le web.

Avec la recherche génétique, Argos ajoute aujourd’hui une nouvelle corde à son arc, et s’intéresse désormais à la question du génome humain, à travers une campagne de tests. En prélevant un peu de votre salive, et moyennant un coût de quelques centaines d’euros, Argos vous offre la possibilité de vérifier près d’une centaine de facteurs génétiques pouvant indiquer une prédisposition pour certaines maladies génétiques. Plutôt qu’un diagnostic, Argos vous propose un aperçu de l’historique génétique de la personne testée, en vous donnant des informations sur vos ancêtres, pour évaluer les risques d’hérédité pour certaines maladies comme Parkinson.

Vers une indexation génétique ?

La démarche d’Argos semble plutôt louable : il peut être rassurant de savoir à quels risques nous sommes exposés en fonction de notre patrimoine génétique. Néanmoins, cela soulève selon moi un point important : que faire si on constate effectivement qu’il y a un risque héréditaire de développer une des maladies visées par ce test ? Car il faut le souligner : Argos ne fournit pas de diagnostic mais une analyse des risques d’hérédité. Et rien ne prouve qu’une personne ayant des antécédents familiaux pour Parkinson développera bel et bien Parkinson… tout comme rien ne prouve qu’une personne provenant d’une famille a priori épargnée par cette maladie ne soit pas touchée. Les résultats de ces tests pourraient donc bien bouleverser de nombreuses existences…

Enfin, à mes yeux, une question encore plus cruciale se pose : qu’est-ce qu’Argos prévoit de faire de ces résultats une fois sa campagne de tests achevée ?

Image : CC Francisco Gonzalez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *